20.02.2007

Saga Africa

medium_safari2.jpgSalut !!!! Vous devinerez jamais où je suis. Je vous le donne en mille... Je suis en Afrique, au Burkina-Faso. C'est sympa, hein ? Ils avaient les dictatures, les famines, les inondations, le Sida, et ouais, il manquait plus que MOI !!! MDR. Je peux pas leur faire de mal aux africains, de toute façon, je leur parle pas. Non, en fait je teste un nouveau concept. Après les emplois fictifs, les voyages fictifs. Ce sont des voyages, organisés par des gens pour le boulot (voyages d'études, formation, jumelages) où tu t'incrustes alors que t'as rien à y faire. C'est fictif mais t'y vas quand même, c'est le boulot sur place qui est fictif. Tu piges le concept ? En fait, tu voyages à l'oeil. Moi le Burkina Faso, pour la semaine, ça m'aura coûté genre 200 euros, tu vois ? En même temps, ça vaut pas plus, c'est pas les Maldives. Et vu ce qu'on nous file à bouffer ! Déjà, l'hôtel, c'est pas un 5*****, mais bon, c'est la Mairie qui paye. Donc, les administrés, donc c'est un peu vous... Je voudrais pas dire mais la prochaine fois que vous m'envoyez en Afrique, faites en sorte qu'il y ait une piscine dans l'hôtel, soyez pas des rats. Je m'emmerde, moi. J'vais quand même pas faire de l'humanitaire ! Hier, j'ai fait visite d'un lycée professionnel (youpi !) et demain on va causer horticulture. Ambiance de la brousse !!!

En plus, à cause de ce voyage fictif, j'ai pas pu voir la connasse candidate à la télé hier soir. Avec les vrais gens qui posent des questions. Il parait qu'il y avait que des handicapés et des malades. Comme à Lourdes, un peu ! Ca devait être un beau bordel. Moi, la candidate, je l'ai vue de près, figurez-vous. Elle est venue faire un déplacement en banlieue où je fais semblant de militer. Un triomphe romain ! On lui a tout salopé son déplacement. Ca fait 8 jours que tout le monde se fout de notre sa gueule. On lui a ruiné sa campagne. Ils avaient qu'à choisir Laurent Fabius et puis c'est tout. En tout cas, je me suis bien amusée : j'ai engueulé tout le monde. Les gens sont gonflés : ils rentrent par des portes que c'est pas les bonnes portes sous prétexte que c'est mal indiqué, ils s'assoient n'importe où sous prétexte qu'on avait pas prévu assez de chaises, ils soufflent parce qu'ils ont trop chaud sous prétexte que la salle est inadaptée, ils arrivent en retard sous prétexte que la salle est au milieu de nulle part et mal signalée, ils font la gueule parce qu'on a installé les handicapés avec les femmes sous prétexte que les femmes sont pas une minorité. Y'en a même qui sont même pas venus sous prétexte qu'ils ont même pas été prévenus. Ils sont gonflés, les gens, merde ! Encore un pas et ils t'expliquent que c'était mal organisé !!! Tous des ingrats.

Bon, ben, c'est pas le tout mais faut que j'y retourne. Bonne journée les vrais gens qui se cassent le cul à bosser pour des salaires de merde  à vous, j'ai pas encore tout vu de la misère du monde et il me reste plus que 3 jours...

16.02.2007

Le pourquoi du comment

medium_truie.3.jpg Bon, ben, je vous l’avais promis. C’est le Journal d’une trainée. Je peux vous raconter le pourquoi du comment ou pourquoi on m’appelle la traînée ici-bas. Contrairement aux idées reçues, ça ne s’improvise pas. Ca tombe pas dessus par hasard, un matin : ça se travaille. Moi je l’ai toujours un peu été, plus ou moins et maintenant plus que moins. J’ai gagné mes galons, ils décorent toutes mes vestes.

Y’a de la souffrance aussi, même pas mal, mais, je vous rassure pas la mienne. Celles des autres, les victimes. LA victime. Vous l’avez compris, ça tourne autour d’elle toute cette histoire. Elle qui se demande encore comment une fille a pu lui faire tout ça. Tout ça quoi ? Hein, tout ça quoi ? je lui ai rien fais moi…

Je la sais fébrile, dans l’attente d’un coup de fil je picole ce soir, je ne rentrerai pas et puis non, il appellera pas et il est pas rentré, il est avec moi. Loin de tout ce qui étais promis. Et pourtant, il lui a bien dit ce soir-là : il faut que je te parle, il y a un truc qu’il faut que je dise. Il y a quelqu’un d’autre. Dans ma tête en tout cas. Elle, elle a dit mon nom, il a eu l’air tout étonné. Il a dit oui c’est elle. Mais, elle savait déjà. Elle a eu beau tout faire, mais ça ne changera plus rien. Lui, alors que l’été tirait à sa fin, il a dit je rentre maintenant et on reprend notre vie. Mais je me suis pas laissée faire. Ne rien lui épargner, le mot d’ordre était clair. On a fait la totale. On l’a regardé pleurer toute la fin de sa grossesse, pleurer sur son sort de femme abandonnée. On s’y est mis à deux.

La priver d’un moment de bonheur ou d’une vie toute entière, va savoir. Accoucher dans les larmes, c’est pas ce qu’elles font toutes ? Un peu plus, un peu moins, plus douces ou  plus amères, les larmes sont des larmes. Elle avait qu’à pas le faire, ce gosse, merde. J’y suis pour rien, moi.

Et puis, faire face, continuer. Elle était horrible et méchante, radine et magouilleuse. Elle est riche à millions alors que nous on a plus rien, la belle-famille la détestait, elle est pas tellement comme nous il faut dire. Comme dirait la mère, elle n’est pas bien comme toi, elle n’aime pas la campagne… Le pire, je crois, c’est qu’elle les aimait bien. Elle lui a fait dans le dos. C’est une conne, elle veut pas me filer sa place, dans son pieu, dans sa baignoire, auprès du fils dans la chambre au fond du couloir, dans sa cuisine, dans son dressing, dans ses chiottes. Je les aimais bien ses chiottes, c’est de là qu’il m’appelait, c’était d’un romantique. Elle veut de l’argent comme ceux de sa culture, alors on manipule. Il dit appelle-moi et puis le téléphone sonne et là il dit arrête, arrête immédiatement de me téléphoner et tout à l’avenant.

Elle veut du droit de visite mais pas d’hébergement. Elle a peur qu’on lui casse son gosse, franchement ? Elle veut qu’il vienne le voir mais elle veut pas que j’y touche. Elle dit la pute, jamais, elle s’occupera de mon fils. Elle dit la belle famille, même pas un coup de fil pour dire bienvenue l’enfant, je suis désolée de ce qui arrive mais il est de la famille. Et toi, du coup, un peu. Bordel qu’est-ce qu’elle attend ?

Il faut bien qu’elle paye de pas vouloir mourir. Nous on voulait que ça, en fait, qu’elle disparaisse. Mais non. Elle s’est battue.  La loi était pour elle. Lui, il y est allé, sûr de son fait. Et puis il a déplu. Quitter une femme enceinte ? Non, ça ne se fait pas ou sur une autre planète, peut-être, et c’est même pas certain. La traiter comme vous faites, les insultes, les mensonges, les dissimulations de revenus, la mauvaise foi, les chantages, la manipulation, la diffamation permanente, la victimisation, il vous en coûtera tant. 

Et payer pour payer. J’ai fourbi mes armes et armé ma vengeance. J’ai fait ce qu’il convient d’appeler une petite farce. J’ai envoyé à cette personne des colis commandés en son nom mais à son insu, grâce à des bons de commande tous signés de ma main. Qualifiée de « faux et usage de faux » la plaisanterie pourrait s’avérer coûteuse. Mais on est une trainée ou on en est pas une. Figurez-vous que la vilaine a perdu son temps à récupérer tous les coupons correspondants, est allé piquer des papiers écrits et signés de ma main dans mon bureau et les a fait expertiser. Le résultat est sans surprise et me voilà embarquée dans une histoire de plus. Elle commence à me fatiguer avec sa résistance, cette propension qu’elle a à jamais se laisser faire. Elle m’épuise avec ses valeurs, ses « tu ne feras pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse ».

Moi, je suis pas comme elle. J’ai brisé une famille, soit. Pas de quoi faire un fromage, ça ne m’empêche pas de dormir. Il m’a dit on leur expliquera aux enfants quand ils seront grands. On leur expliquera quoi ? Qu’il voulait l’appeler maman et qu’on pouvait pas laisser faire ? Qu’elle a tellement pleuré en l’attendant et qu’il a pas pu faire autrement que de même pas l’attendre, avec elle ? Oui, c’est ça, ils vont comprendre…Mais je serai sûrement plus là.

Ca aurait pu s'appeler le Journal d'une idiote. Dans mon prochain billet, je vous expliquerai comment on reçoit dramatiquement mal une candidate à l’élection présidentielle quand on est con comme une chaise et qu’on ne sait rien faire.