03.10.2007
Pour toi, public...
Public, tu l'as compris, j'avais disparu. Et tu étais inquiet, ivre de curiosité, malade à te ronger les sangs à l'idée que je ne reviendrai peut-être plus. Et bien non, laisse-moi te donner tort. Je suis revenue.
Si l'on considère que j'ai aucun compte à vous rendre vous et moi sommes unis par les moments de partage que nous avons (je vous ai quand même dit que j'étais cocue. Grosse et cocue. Ca crée des liens, non ?), alors je vous dois une explication. Je pourrais vous faire le coup de Laurent Fabius qui avait besoin de prendre du recul parce que lui, il veut pas participer au débat à toute cette chienlit, non, non, il veut pas...J'aurais pu vous dire que je quitte la vie publique parce que c'est beaucoup de pression tout ça (16000 lecteurs, ça te la coupe, hein ?) mais non ! Que nenni ! En fait, ça marchait plus. T'as beau envoyer des mecs dans l'espace, quand ton mot de passe y marche plus, ça marche plus. Au niveau informatique, je vous avais un peu expliqué déjà où j'en étais...ben, j'en suis toujours là. Il m'a fallu tout recréer. L'important c'est qu'on soit de nouveau réunis pour dire du mal pour perpetuer ce dialogue humaniste que l'on a initié.
A part ça, toujours cocue rien de neuf. Enfin, si. Chouchou a déménagé. Un beau bordel, ça a duré 3 jours et encore, c'est pas fini, faut vider 200 cartons. J'ai aidé, même. Mais ça valait le coup. Un beau 4 pièces tout neuf qu'il a eu par son boulot. 4 pièces, c'est le minimum qu'il fallait pour caser tout notre amour. On a des portes-fenêtres, t'as qu'à voir. C'est une nouvelle étape dans notre relation, c'est sûr. Bon, faut que j'y retourne, j'ai pas fini ma pizza de déballer. C'est dur, l'amour hein ? Enfin toi, t'en sais rien...
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28.08.2007
Tout va bien, je vais bien...
C'est un peu la fin des vacances comme qui dirait. Ca se termine gentiment mais sûrement. Je sais pas vous, mais moi j'ai passé des vacances super. Je suis allée m'égayer à Cannes dans mon 5 pièces terrasse sur la Croisette. Ca change un peu des vacances de l'année dernière où j'étais allée à Cannes déjà, et à celle d'avant aussi....Je me suis reposée, j'ai été à la plage, j'ai mangé, j'ai regardé la télé, j'ai fait la vaisselle, j'ai lavé mes slips, j'ai glandé, bref, j'ai fait tout ce qu'une fille simple et naturelle fait pendant des vacances à Cannes. Rien de plus, rien de moins. Y'a mon chouchou qui est venu passer une semaine avec moi. Sans ses enfants heureusement. Pour les enfants, on savait trop comment faire pour ne pas qu'ils s'ennuient...On a trouvé : on les a pas amenés. De toute façon, à cet âge-là, ils ont pas besoin de vacances. Le petit, il était avec sa folle de mère, la méchante qui en veut à notre argent et qui fait des enfants dans le dos, au Club Med (6 mois de pension alimentaire pour 15 jours de vacances sous prétexte qu'elle serait fatiguée ou je ne sais quoi...) et l'aîné, il était chez ses très vieux grands-parents, comme ça il aura des souvenirs pour quand ils seront morts. Du coup, avec chouchou, c'était l'amour fou. Avec lui, j'ai fait plein de choses extras : je me suis reposée, j'ai été à la plage, j'ai mangé, j'ai regardé la télé, j'ai fait la vaisselle, j'ai lavé mes slips, j'ai glandé, bref, j'ai fait tout ce qu'une fille fait quand elle est à Cannes avec son amoureux.
Vous nous auriez vu tous les deux ! Roméo et Juliette. Ce qui est génial, c'est qu'entre lui et moi, maintenant, on a même plus besoin de se parler. D'ailleurs, on se parle plus. D'ailleurs, même que si on voulait se parler, on pourrait plus eu égard à chouchou qui passe désormais sa vie avec ses deux écouteurs dans les oreilles. Un peu à cause du super cadeau d'anniversaire que je lui ai fait : un i pod 4000 gigas de mégas avec écran géant pour mater la pochette du disque que t'es en train d'écouter. Tu l'as pas celui-là, hein ? Résultat : il a 5800 titres...qu'il écoute en boucle. C'est génial pour développer la communication non verbale...On l'a super bien développée, d'ailleurs. Depuis qu'il est rentré à Paris, on communique un minimum. Enfin, surtout lui. Il dort beaucoup. Le soir, il rentre, il est crevé, alors il se couche tôt. De toute façon, qu'est-ce que tu peux faire quand t'es un mec jeune, en plein mois d'août, que tu bosses pas et que t'es sans ta gonzesse à Paris ? A part passer des soirées chez ton ex ? A part dormir et attendre impatiemment qu'elle ne rentre de vacances, moi, je vois pas. A part sillonner la ville à moto ? Il va pas avoir beaucoup à attendre parce que les vacances se terminent, même pour moi. A part aller boire des bières chez des potes en matant le foot ? Je crois que quelque part, il se fout de ma gueule je lui manque mais qu'il n'ose pas le dire, en fait. C'est pour ça qu'il se réfugie dans le sommeil et qu'il ne m'appelle pas...Allez, je vous laisse, faut que j'aille laver mes cheveux mon maillot. La vie trépidante d'une jeune femme à Cannes, quoi !
10:45 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, blabla de fille, vacances, couple, famille
31.05.2007
Fatale Picarde
Oui, c'est moi. Rentrée de Cannes. En plein débronzage, déjà. Je suis rentrée à Paris et j'ai même pas eu le temps de souffler une demie-seconde. Je fais les législatives. Sur le terrain. En banlieue. T'as qu'à voir où j'en suis rendue. J'ai du être méchante dans une autre vie ! Ou dans celle-là, va savoir. Si on m'avait dit qu'un jour je traînerais ma silhouette flasque carcasse en périphérie de la ville. La banlieue, ça a jamais été mon truc. Je viens d'un petit trou coin paumé du Nord de la France. Nan, pas les corons mais pas loin. Moi, de ma chambre, je voyais un champs de betteraves à perte de vue. Je suis de la campagne, "de la terre" comme dit ma belle-mère. C'est beau les betteraves. Si si, c'est beau. A l'état brut, pas tellement mais dès que c'est transformé en millions d'euros de subventions, ça devient beau. C'est tout rond, c'est rouge, ça a la peau rugueuse, c'est bourré de sucre, ça tâche...On dirait moi!!! Enfin, pour en revenir à la banlieue, je suis un peu obligée parce que mon boss se présente là-bas. Je vais dans les réunions de campagne, je prends des notes, je pense à des trucs qu'il faudrait faire, je colle des affiches, je distribue des tracts...mais non, j'rigole ! Y'a des petites gens pour faire ça. Moi, je réfléchis, c'est pas pareil. Après, on va à la pizzeria pour débriefer. Et je recommence le lendemain. Je suis morte. Avec tout ça, j'ai pas le temps de voir mon chéri qui est super polarisé sur boire de la bière au bar les élections lui aussi. Bref, on est à donf. Je pense qu'après je vais partir quelques jours voir mon futur patrimoine mes parents vérifier leur état de santé. Après, j'organise un truc politique à Bordeaux pour la fin du mois. Vous avez bien lu : Bordeaux. J'en salive rêve déjà : la côte (de Beaune), les lieux saints (Emilion), les châteaux (Haut-Brion), toute cette culture qui déborde de mon verre. Mais j'y suis pas encore. Il manque plus qu'à mon boss de se faire ratiboiser par la sortante (il est maire de gauche de la ville et Sarkozy est majoritaire au 2è tour de l'élection présidentielle, cherchez l'erreur ou plutôt cherchez plus : c'est lui, l'erreur). Morte de rire. Bon, c'est pas le tout mais faut que je m'y remette. A quoi ?
Allez, on garde le contact. Je vais peut-être vous croiser, vous, les pauvres lecteurs en banlieue. Mais vous saurez pas que c'est moi, alors ça compte pas. Dimanche, je vais faire campagne sur un marché, je vous raconterai. Il paraît que c'est comme un supermarché mais en plein air. J' ai la nausée rien que d'y penser adore déjà.
16:45 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : législatives, blabla de fille, journal intime, politique
13.04.2007
Travailler tue
En même temps, en ce qui me concerne, ça va pas être pour tout de suite, hein, j'ai de la marge. Mais quand même, à travers le monde, y'a plein de gens qui meurent à cause de leur travail ou à cause qu'ils n'en ont pas...J'sais plus bien et je m'en fous. Bon, mais on parle pas de ceux-là parce qu'ils sont loin et que j'vois pas vraiment ce qu'on peut faire.
En revanche, moi, j'ai décidé de pas y laisser ma peau au travail. Nan, nan, nan. Le hic, c'est que comme j'ai que des emplois fictifs mais que les emplois fictifs sont pas encore autorisés par la loi, il faut quand même que je fasse semblant un peu. Genre j'arrive à 11h30 le matin toute ébouriffée en pestant au choix contre les embouteillages, les livraisons, les crevaisons, les pénuries d'essence, les couloirs de bus, la pluie, les voitures immatriculées en province à Paris qui avancent pas, le Plan Vigipirate, les travaux pharaoniques et, last but not least : les grèves "si, si j'te jure ! Une méga grève surprise sur la ligne 18, on avait jamais vu ça depuis 1936...Elle existe pas la ligne 18 ? C'est sûrement pour ça qu'ils faisaient grève, alors ! Depuis le temps qu'ils la réclament !".
Une fois que t'es arrivée, t'as pas le choix, faut donner le change. C'est là que j'adopte la "run attitude". Facile à réaliser, cette technique consiste simplement à...courir dans les couloirs. Comprenons-nous bien, il ne s'agit pas d'aller quelque part ni de faire quelque chose, surtout pas ! Il s'agit juste d'être pressée, en retard, comme attendue, bref indispensable. Un conseil : n'oublie pas de te munir d'un dossier à la main voire de deux, sinon tu risques au mieux d'être soupçonnée d'avoir ramené une gastro qui t' oblige à aller très vite...aux toilettes ou pire d'avoir mal assimilé les 14 Vodka-pomme que tu t'es enfournées la veille.
Evidemment, on peut pas courir comme ça toute la journée. Y'a un moment où je vais m'asseoir à mon bureau et où je me poste devant mon ordinateur. C'est à ce moment-là qu'on peut lancer un "meeeeerrrrrrddddddeeeee" bruyant et douloureux exprimant toute sa détresse à n'avoir obtenu de cette putain de machine, merveille de technologie du 21è siècle...qu'un écran noir. Et là tu lances : "Putain, le bug de l'an 2000, il fallait que ça tombe sur moi !". Tu as également l'option "mon antivirus a du se faire trucider par une attaque de trojans XY 12, j'ai lu ça dans PC Magazine, c'est très rare mais ça arrive malheureusement, j'ai rien pu faire". N'attends pas qu'on te fasse remarquer que premièrement le bug de l'an 2000, c'était en 2000 et qu'en plus, il a pas eu lieu, fais un parallèle simple et imparable : " Je te signale que ça fait au bas mot 8 ans qu'on nous annonce la grippe aviaire et qui c'est qui qui était cloué au lit toute la semaine dernière ?". N'attends pas également qu'on remarque qu'en fait, tu ne l'avais même pas allumé, au risque de passer pour ce que je suis, une demeurée de première classe.
Après cet incident, qui pourrait malgré tout coûter sa carrière au Responsable informatique, vient assez vite l'heure du déjeuner. Alors que tu vois tous tes collègues, veste et sac en main, s'apprêter à partir déjeuner, lance simplement : "Nan, je peux pas faire la pause maintenant, j'ai un truc méga urgent à finir et puis je préfère attendre que ma glycémie tombe à 2, c'est mieux". Evidemment, personne n'osera te demander pourquoi quand ta glycémie tombe à 2, c'est mieux, de peur de se retrouver embarqué dans des explications scientifiques qui n'auraient pour effet que de les retarder. Laisse-les partir et même mieux : attends qu'ils reviennent. Ca fait businesswoman qui mange en horaires décalés et on glande deux fois plus : tu glandes pendant LEUR déjeuner et tu glandes pendant TON déjeuner.
Une fois rassasiée ET reposée, vers 15h30, tu peux alors te rendre à cette réunion hyper importante dont le sujet et l'ordre du jour t'échappent totalement. Moi, de toute façon, personne ne sait vraiment quelles sont mes fonctions exactes vu que j'ai été imposée par le président, au cabinet du Président, cabinet dont je suis la seule membre par ailleurs. Outil indispensable : le Palm. Il permet de jouer, de dessiner, d'envoyer des mails. Il suffit de le consulter en fronçant les sourcils de temps en temps avec un air surbooké. On tient deux heures, en général. N'oublie pas de le faire sonner pour une "alarme RV" pour pouvoir parti inopinément (en courant, c'est encore mieux) vers autre chose de forcément plus important.
Les collègues sont en réunion, il est 16h15, c'est le moment de partir pour clore ta journée de travail. Une astuce : "la deuxième veste". Je la laisse sur le dossier de ma chaise en fin de journée pour faire croire que je suis pas loin. Alors qu'en fait, si. Je suis loin. Loin de cette vie trépidante mais épuisante. Loin de cette frénésie libérale qui s'est emparé du monde. Loin de cette course à la productivité et de tout le stress qu'elle engendre.
Loin. Mais vivante.
12:40 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : emploi, blabla de fille, journal intime, humour