05.10.2007
Le goût des autres...
Vous l'aurez compris, je suis une hyperactive. En cette fin de matinée alors que j'étais avachie en tee-shirt sur mon canapé en train d'attendre le prochain journal de LCI pour me tenir informée des derniers développements en Beer - manie, voilà pas que je tombe sur M6 et sa top émission de relooking déco D&Co. Etant moi-même intéressée par cette discipline, férue d'émissions telles que Intérieurs sur Paris Première, pas la dernière à acheter les magazines déco haut de gamme (que le prix du numéro paierait presque cette charmante petite lampe vue rue du Bac pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps), je me décide à délaisser temporairement la situation désormais routinière des pays en guerre pour m'intéresser à celle de Lydia et Yannick. "Ce couple charmant vit avec ses trois enfants dans une maison ne contenant que trois chambres. Leur fille aînée, contrainte de partager sa chambre, revendique à présent son indépendance. Valérie Damidot et son équipe ont pour mission de faire en sorte que chaque membre de la famille trouve son bonheur".
On entre dans la maison, rien de plus classique : c'est une baraque fin de siècle (fin du 20è, malheureusement pour eux), les cloisons font 7 millimètres d'épaisseur, les chambres, de tailles inégales, sont globablement petites et mal agencées et Lydia, qui élève 3 enfants, a pas eu l'occasion de beaucoup s'investir dans l'harmonie des couleurs.
C'est là qu'intervient l'animatrice, Valérie Damidot, qui, telle la supernanny du placoplâtre, arrive les bras chargés de rouleaux de papier-peint, de meubles Ikéa et de breloques en tous genres. Je passe sur les exhortations à l'enthousiasme : "tu aimes ta nouvelle chambre ?, Hein, tu l'aimes, elle est super belle ta nouvelle chambre, non ? mais dis quelque chose, elle est quand même pas ratée ta nouvelle chambre ? " arraché à une pré-adolescente pas loquace et sur la gueule du mari qui rentre du boulot et à qui on fait poser 25 m2 de tissu "plissé, tendu, roulé"...
On se dit : ça vaut le coup quand même, ils ont pas beaucoup de moyens, pas l'occasion de chîner, c'est un vrai plus pour eux. Et bien pensez donc. Ils auraient pu avoir ça :
Ils se retrouvent avec ça :
Même moi qui n'en ai rien à foutre des gens, j'ai eu un pincement au coeur pour eux. Tous ces espoirs d'avoir enfin un petit intérieur sympa qui aurait pu les rendre populaires auprès des voisins, qui aurait pu leur donner un peu le sourire : anéanti. Le pompon de l'émission étant le commentaire de cette chère Lydia à la toute fin de l'émission : "Evidemment, au début, on se rend pas compte. Avec la déco, il vaut mieux attendre que tout soit fini pour dire comment on trouve, parce que tous les petits détails comptent". Pauvre Lydia. Qu'elle se rassure : personne ne s'attachera trop aux détails, on les voit pas bien les détails. Chaque membre de la famille ferait bien d'aller le chercher ailleurs son bonheur. Et d'éteindre la télé.
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03.10.2007
Pour toi, public...
Public, tu l'as compris, j'avais disparu. Et tu étais inquiet, ivre de curiosité, malade à te ronger les sangs à l'idée que je ne reviendrai peut-être plus. Et bien non, laisse-moi te donner tort. Je suis revenue.
Si l'on considère que j'ai aucun compte à vous rendre vous et moi sommes unis par les moments de partage que nous avons (je vous ai quand même dit que j'étais cocue. Grosse et cocue. Ca crée des liens, non ?), alors je vous dois une explication. Je pourrais vous faire le coup de Laurent Fabius qui avait besoin de prendre du recul parce que lui, il veut pas participer au débat à toute cette chienlit, non, non, il veut pas...J'aurais pu vous dire que je quitte la vie publique parce que c'est beaucoup de pression tout ça (16000 lecteurs, ça te la coupe, hein ?) mais non ! Que nenni ! En fait, ça marchait plus. T'as beau envoyer des mecs dans l'espace, quand ton mot de passe y marche plus, ça marche plus. Au niveau informatique, je vous avais un peu expliqué déjà où j'en étais...ben, j'en suis toujours là. Il m'a fallu tout recréer. L'important c'est qu'on soit de nouveau réunis pour dire du mal pour perpetuer ce dialogue humaniste que l'on a initié.
A part ça, toujours cocue rien de neuf. Enfin, si. Chouchou a déménagé. Un beau bordel, ça a duré 3 jours et encore, c'est pas fini, faut vider 200 cartons. J'ai aidé, même. Mais ça valait le coup. Un beau 4 pièces tout neuf qu'il a eu par son boulot. 4 pièces, c'est le minimum qu'il fallait pour caser tout notre amour. On a des portes-fenêtres, t'as qu'à voir. C'est une nouvelle étape dans notre relation, c'est sûr. Bon, faut que j'y retourne, j'ai pas fini ma pizza de déballer. C'est dur, l'amour hein ? Enfin toi, t'en sais rien...
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28.08.2007
Tout va bien, je vais bien...
C'est un peu la fin des vacances comme qui dirait. Ca se termine gentiment mais sûrement. Je sais pas vous, mais moi j'ai passé des vacances super. Je suis allée m'égayer à Cannes dans mon 5 pièces terrasse sur la Croisette. Ca change un peu des vacances de l'année dernière où j'étais allée à Cannes déjà, et à celle d'avant aussi....Je me suis reposée, j'ai été à la plage, j'ai mangé, j'ai regardé la télé, j'ai fait la vaisselle, j'ai lavé mes slips, j'ai glandé, bref, j'ai fait tout ce qu'une fille simple et naturelle fait pendant des vacances à Cannes. Rien de plus, rien de moins. Y'a mon chouchou qui est venu passer une semaine avec moi. Sans ses enfants heureusement. Pour les enfants, on savait trop comment faire pour ne pas qu'ils s'ennuient...On a trouvé : on les a pas amenés. De toute façon, à cet âge-là, ils ont pas besoin de vacances. Le petit, il était avec sa folle de mère, la méchante qui en veut à notre argent et qui fait des enfants dans le dos, au Club Med (6 mois de pension alimentaire pour 15 jours de vacances sous prétexte qu'elle serait fatiguée ou je ne sais quoi...) et l'aîné, il était chez ses très vieux grands-parents, comme ça il aura des souvenirs pour quand ils seront morts. Du coup, avec chouchou, c'était l'amour fou. Avec lui, j'ai fait plein de choses extras : je me suis reposée, j'ai été à la plage, j'ai mangé, j'ai regardé la télé, j'ai fait la vaisselle, j'ai lavé mes slips, j'ai glandé, bref, j'ai fait tout ce qu'une fille fait quand elle est à Cannes avec son amoureux.
Vous nous auriez vu tous les deux ! Roméo et Juliette. Ce qui est génial, c'est qu'entre lui et moi, maintenant, on a même plus besoin de se parler. D'ailleurs, on se parle plus. D'ailleurs, même que si on voulait se parler, on pourrait plus eu égard à chouchou qui passe désormais sa vie avec ses deux écouteurs dans les oreilles. Un peu à cause du super cadeau d'anniversaire que je lui ai fait : un i pod 4000 gigas de mégas avec écran géant pour mater la pochette du disque que t'es en train d'écouter. Tu l'as pas celui-là, hein ? Résultat : il a 5800 titres...qu'il écoute en boucle. C'est génial pour développer la communication non verbale...On l'a super bien développée, d'ailleurs. Depuis qu'il est rentré à Paris, on communique un minimum. Enfin, surtout lui. Il dort beaucoup. Le soir, il rentre, il est crevé, alors il se couche tôt. De toute façon, qu'est-ce que tu peux faire quand t'es un mec jeune, en plein mois d'août, que tu bosses pas et que t'es sans ta gonzesse à Paris ? A part passer des soirées chez ton ex ? A part dormir et attendre impatiemment qu'elle ne rentre de vacances, moi, je vois pas. A part sillonner la ville à moto ? Il va pas avoir beaucoup à attendre parce que les vacances se terminent, même pour moi. A part aller boire des bières chez des potes en matant le foot ? Je crois que quelque part, il se fout de ma gueule je lui manque mais qu'il n'ose pas le dire, en fait. C'est pour ça qu'il se réfugie dans le sommeil et qu'il ne m'appelle pas...Allez, je vous laisse, faut que j'aille laver mes cheveux mon maillot. La vie trépidante d'une jeune femme à Cannes, quoi !
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10.07.2007
Miseria Lane
Ouh la la, mes amis quel tourment ! Je suis encore toute tourneboulée. Z'avez vu les images ? Tu parles d'un mariage...un carnage, ouais ! La petite, même très petite, la minuscule Longoria avec ce grand échalas de Tony Parker. Z'avez vu le carnaval ? La Gay Pride, à côté, c'est un défilé de bonnes soeurs ! Des diamants incrustés dans les chaussures !!! Cling, cling, cling ! La classe internationale. J'te parle même pas de la robe avec le ruban, des cheveux avec le ruban, du sac avec le ruban...
Moi, Eva, c'était un peu ma copine avant. Forcément, avec mes amies, on s'identifiaient un peu. Comme dans l'ancien temps, dans les années 80, les vieilles d'aujourd'hui elles jouaient à "Drôles de dames". "Moi, je suis Kelly", "Non, tu peux pas être Kelly, t'es trop moche, toi t'es Sabrina !", "Non, je veux pas être Sabrina, elle baise jamais et elle sent trop mauvais de la gueule...". Ou alors mes parents qui jouaient à "Dallas". Mon père, il faisait que dire à ma mère "Arrête de picoler Sue Ellen" et nous on était pétés de rire. Vous auriez vu sa dégaine en santiags et stetson dans son champs de betteraves !
Pour en revenir à Desperate Housewives, moi, je me sentais un peu Edie Brit, la grosse salope dans son short ras la touffe. Genre, moi, j'ai peur de rien. Je bois des bières et je me fais ramener par des "bad guys" tard dans la nuit, dans leur "trucks". Ou genre, je fous le feu à ta baraque parce que tu m'as mal parlé. Ou encore, je fais semblant d'avoir un boulot d'agente immobilière alors qu'en fait je gagne ma vie grâce à mes Dim Up et à mon Wonderbra...si tu vois ce que je veux dire...Du coup, j'avais toute la panoplie. Les DVD, bien sûr, la bande originale, le poster, l'agenda, l'autocollant, le mug (extra le mug, en forme de pomme...) et même les boîtes à sucrettes. J'ai toute la collec' des boîtes à sucrettes. Canderel a sorti une gamme de 4 pochettes mignonnes comme tout, on en mangerait. D'ailleurs, ça se mange. Pas comme des Tic Tac, je vous l'accorde mais ça se bouffe quand même. Ca fait maigrir qu'ils disent. Du coup, j'en mets partout. Sauf sur les pâtes et les frites parce que ça donne un gout sucré, j'préfère encore mettre du Ketchup. Depuis que j'en prends, on peut pas vraiment dire que j'ai maigri, ce serait plutôt l'inverse mais il faut surtout voir les effets à long terme. Ca prendra le temps que ça prendra. Tout ça pour dire qu'avec la honte qu'elle m'a mise, l'autre, la naine de jardin, à se marier au Château de Versailles ou je sais plus où, c'est plus ma copine. Du coup, adieu Brit. Mais je vais bien retrouver en qui me réincarner. En Télétubbies ?
Sinon, ça sent la quille. Mon boss, le joufflu barbu trappu qui pue et qui a perdu est en vacances. Autant vous dire que du coup, ça fleure bon la glande. Chouchou a mis sa progéniture dans le TGV direction le grand Ouest. Vive la SNCF, on arrête pas le progrès...Bientôt mon tour...Si j'ai 5 minutes à perdre je viendrai vous faire un petit coucou avant de partir ! Bye, bye.
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20.06.2007
C'est la lose finale...
Bon, ben, voilà. Les électeurs nous ont montré la sortie, ils ont préféré la vilaine de droite, c'est leur affaire. Exit, le nain de jardin. Nous, on s'en fout. Ca nous empêchera pas de continuer à se bourrer la gueule, à aller tuer des animaux dans la forêt et à dépenser l'argent des contribuables dans des déjeuners pantagrueliques dans les bases de loisirs faire notre travail avec dévouement auprès de la population au service de l'intérêt général. En plus, la sorcière a été nommée au gouvernement, ce sera même pas elle à l'assemblée ! Franchement, c'est dég, elle aurait pu nous laisser gagner, quelle égoïste celle-là. Aucun sens du collectif ! On est pas du même parti, et alors ? Sale sectaire ! Faut passer à autre chose, maintenant. Je ne sais pas trop ce que je vais faire dans les jours qui viennent. Rien, comme d'habitude. En fait, j'ai plein de projets : d'abord, il y a la Convention nationale de l'assoc des gauchistes qui parlent pour ne rien dire de gauche pour laquelle je m'investis. C'est à Bordeaux, c'est fin du mois. C'est très prenant : je lis les mails d'inscription et puis après, je réserve les chambres, je fais les lits, et puis les repas etc... Et, une fois sur place, c'est du délire, il faut accueillir des gens en Birckenstock qui ont pas pris de douche depuis au moins 1989 (la chute du Mur) et qui fument des ciagrettes qu'ils roulent eux-mêmes, des ploucs, quoi ! délégués à la Convention. Y'aura peut-être Marie-George Buffet, va savoir... Ensuite, retour à Paris. Faut que je m'occupe d'un livret qui présente les forêts. Un genre de "Parc et Jardins Magazine" mais avec des forêts. Avec des photos d'arbres et des écureuils, qu'est-ce que je vais me faire chier, moi c'est un projet passionnant pour moi qui suis proche de la nature et de toutes ses richesses.
Après tout ça, on verra. Il faut que je prépare mes vacances. Au soleil. Sauf qu'il va y avoir un problème. Chouchou, il a deux enfants. Un qui vit avec la folle, celui-là, il va passer ses vacances dans un 5 étoiles et c'est pas le genre à se faire chier à la Bourboule, no soucy. Le problème, c'est l'autre. Parce que moi, quand je dis vacances, je dis...vacances. Et, c'est là, le problème. Il faut emmener l'autre enfant en vacances. Je croyais bêtement que j'allais pouvoir m'égayer dans la mer, sur le sable, dans les dunes, dans les bars, dans les boîtes, à l'arrière de la voiture, avec mon chéri. Que nenni ! Il y a l'enfant. Et l'enfant, c'est du boulot : ça se lève tôt, ça a faim mais ça sait même pas se faire cuire un oeuf, ça sait pas toujours allumer la télé, ça fait pas les courses, ça fait pas le ménage, ça sait pas traverser la route, ça fait pas la lessive, bref, c'est du boulot. Alors, je vous pose une question : pourquoi ça s'appelle des vacances si on amène du boulot ? J'ai du louper une marche au niveau du concept. Résultat : je vais me retrouver à la plage de 9h à 11h à cause des indices UVB et à 20h, je suis couchée devant "Bonsoir les zouzous". Ca va vite me gaver, en fait. Je ne sais pas trop comment lui dire à mon chéri. En fait, au départ, je trouvais ça amusant un enfant. C'est tout petit, ça parle pas, ça a pas trop la notion du temps, tu peux le laisser 3h dans un transat, il trouvera jamais à y redire. Sauf que là, c'est une autre paire de manches. Et "bla bla bla" et "bla bla bla", et "je veux ci" et "je veux ça" et "j'ai pas envie" et "j'irai pas"...Vous voyez le tableau ? C'est déjà hyper pénible alors quand c'est pas le sien, on a juste envie de lui claquer le beignet pour lui apprendre, mais c'est réprimé par la loi et j'ai déjà suffisamment d'ennuis avec la justice.
Bon, à ma place, vous feriez quoi ? Vous essayeriez de lui expliquer que c'est beaucoup de pression, que ça va être difficile de concilier une vie de mère de famille avec les vacances en string à Cannes à tapiner sur la Croisette ? Ou alors, vous diriez que c'est avec plaisir que vous allez passer vos vacances en Bretagne Nord avec une eau à 15° (pas au robinet, dans la mer...) et que oui, oui, ça vous ferait super plaisir d'aller vous faire une bouteille de chouchen au Bar des Pêcheurs de Loctudy en regardant l'arrivée du Tour de France. En pull-over et bottes. Fin juillet.
Et même plus, que vous en rêviez...
11:38 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, bla bla de filles, gauche, élections, famille
31.05.2007
Fatale Picarde
Oui, c'est moi. Rentrée de Cannes. En plein débronzage, déjà. Je suis rentrée à Paris et j'ai même pas eu le temps de souffler une demie-seconde. Je fais les législatives. Sur le terrain. En banlieue. T'as qu'à voir où j'en suis rendue. J'ai du être méchante dans une autre vie ! Ou dans celle-là, va savoir. Si on m'avait dit qu'un jour je traînerais ma silhouette flasque carcasse en périphérie de la ville. La banlieue, ça a jamais été mon truc. Je viens d'un petit trou coin paumé du Nord de la France. Nan, pas les corons mais pas loin. Moi, de ma chambre, je voyais un champs de betteraves à perte de vue. Je suis de la campagne, "de la terre" comme dit ma belle-mère. C'est beau les betteraves. Si si, c'est beau. A l'état brut, pas tellement mais dès que c'est transformé en millions d'euros de subventions, ça devient beau. C'est tout rond, c'est rouge, ça a la peau rugueuse, c'est bourré de sucre, ça tâche...On dirait moi!!! Enfin, pour en revenir à la banlieue, je suis un peu obligée parce que mon boss se présente là-bas. Je vais dans les réunions de campagne, je prends des notes, je pense à des trucs qu'il faudrait faire, je colle des affiches, je distribue des tracts...mais non, j'rigole ! Y'a des petites gens pour faire ça. Moi, je réfléchis, c'est pas pareil. Après, on va à la pizzeria pour débriefer. Et je recommence le lendemain. Je suis morte. Avec tout ça, j'ai pas le temps de voir mon chéri qui est super polarisé sur boire de la bière au bar les élections lui aussi. Bref, on est à donf. Je pense qu'après je vais partir quelques jours voir mon futur patrimoine mes parents vérifier leur état de santé. Après, j'organise un truc politique à Bordeaux pour la fin du mois. Vous avez bien lu : Bordeaux. J'en salive rêve déjà : la côte (de Beaune), les lieux saints (Emilion), les châteaux (Haut-Brion), toute cette culture qui déborde de mon verre. Mais j'y suis pas encore. Il manque plus qu'à mon boss de se faire ratiboiser par la sortante (il est maire de gauche de la ville et Sarkozy est majoritaire au 2è tour de l'élection présidentielle, cherchez l'erreur ou plutôt cherchez plus : c'est lui, l'erreur). Morte de rire. Bon, c'est pas le tout mais faut que je m'y remette. A quoi ?
Allez, on garde le contact. Je vais peut-être vous croiser, vous, les pauvres lecteurs en banlieue. Mais vous saurez pas que c'est moi, alors ça compte pas. Dimanche, je vais faire campagne sur un marché, je vous raconterai. Il paraît que c'est comme un supermarché mais en plein air. J' ai la nausée rien que d'y penser adore déjà.
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11.05.2007
J'me fais belle...
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Bonjour l'ambiance ! Le joli mois de mai, j't'en foutrais, moi ! Bravo la France. J'arrive pas à dessaouler réaliser, franchement. Quand j'ai vu la tronche du nabot à la téloche, je me suis dit "...", je me suis rien dit, quoi. Bouche bée. J'ai pris une 16, tu vois, pour retrouver mes repères parce que j'étais déja bourrée tourneboulée. On est allés à la Mairie avec mon chouchou, on a croisé la sorcière. Cerise sur le pompon. Comme si j'avais besoin de ça, tu vois. Ca commence à me péter les couilles. De toute façon, je suis rentrée en résistance totale. Je suis devenue révolutionnaire, j'ai envie de tout péter avec la gauche que j'aime. La vraie. Celle avec Jean-Luc. Une gauche anti-libérale hyper dure, hyper contestataire, hyper radicale. A bas les patrons, la répression policière, le smic à 1200 euros brut, tout de suite, quoi ! A bas l'aliénation. Ma vie, elle vaut 10 000 fois mieux que leur profit, tu vois. Je suis dég'. Et l'autre Ségolène Royal, là, je vous jure...Elle veut trouver sa place au sein du PS ? Elle est toute trouvée sa place, près de la sortie, tout près.
Faut que je trace. Heureusement, je pars dans quelques jours. Y'a Festival de Connes Cannes. L'élu pour lequel je fais semblant de travailler, il y va chaque année. Il a méga besoin de moi, là-bas. Je lui dis le temps qu'il fait, l'heure qu'il est, je vais voir des films à sa place, je traîne mon cul au bar...Ca me change du travail de terrain. Il est candidat aux législatives en banlieue. En banlieue, t'imagines ? Avec sa tronche de nain de jardin et sa réputation, on va faire 12 au premier tour, ça va être vite réglé. Mais bon, en attendant la gamelle annoncée la confrontation, direction la Croisette !
Du coup, je commence les gros travaux me fais belle. J'ai épilation demain. Et lundi. Et jeudi aussi. En fait, je fais ça par tranches, parce que sinon on y passe la journée, c'est pénible. Faudra que je pense à me laver les cheveux aussi, j'oublie à chaque fois. J'ai lu que si on ne se lave pas les cheveux pendant plus de 8 jours, ils redeviennent propres...ca fait quinze ans que j'essaye, je confirme, ça marche pas. Faut que j'aille chez le kiné aussi. Je suis cassée de partout depuis que je dors sur mon power plate. Allumé. Vous êtes drôles, vous ! Comment je la perds ma cellulite en 15 jours ? Y'en a au moins deux kilos de chaque côté. C'est les frites et la bière de naissance, en fait. Une fois que j'aurais fini tout ça, je devrais me sentir vachement mieux quand même.
Mieux pour affronter ces 5 années de tyrannie qui sont devant nous, ces 5 années de glande totale casse sociale, de décomposition recomposition de la gauche (grâce à Jean-Luc), ces 5 années de suppression des droits de succession. En même temps, pour l'appart de Cannes, la maison du Touquet, l'appart du Bd Raspail, plus l'exploitation familiale, je préfère autant, un malheur est si vite arrivé... détricotage du code du travail...Courage, camarades ! La Croisette victoire n'est plus très loin...
16:10 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, ségolène royal, cannes, festival de cannes
13.04.2007
Travailler tue
En même temps, en ce qui me concerne, ça va pas être pour tout de suite, hein, j'ai de la marge. Mais quand même, à travers le monde, y'a plein de gens qui meurent à cause de leur travail ou à cause qu'ils n'en ont pas...J'sais plus bien et je m'en fous. Bon, mais on parle pas de ceux-là parce qu'ils sont loin et que j'vois pas vraiment ce qu'on peut faire.
En revanche, moi, j'ai décidé de pas y laisser ma peau au travail. Nan, nan, nan. Le hic, c'est que comme j'ai que des emplois fictifs mais que les emplois fictifs sont pas encore autorisés par la loi, il faut quand même que je fasse semblant un peu. Genre j'arrive à 11h30 le matin toute ébouriffée en pestant au choix contre les embouteillages, les livraisons, les crevaisons, les pénuries d'essence, les couloirs de bus, la pluie, les voitures immatriculées en province à Paris qui avancent pas, le Plan Vigipirate, les travaux pharaoniques et, last but not least : les grèves "si, si j'te jure ! Une méga grève surprise sur la ligne 18, on avait jamais vu ça depuis 1936...Elle existe pas la ligne 18 ? C'est sûrement pour ça qu'ils faisaient grève, alors ! Depuis le temps qu'ils la réclament !".
Une fois que t'es arrivée, t'as pas le choix, faut donner le change. C'est là que j'adopte la "run attitude". Facile à réaliser, cette technique consiste simplement à...courir dans les couloirs. Comprenons-nous bien, il ne s'agit pas d'aller quelque part ni de faire quelque chose, surtout pas ! Il s'agit juste d'être pressée, en retard, comme attendue, bref indispensable. Un conseil : n'oublie pas de te munir d'un dossier à la main voire de deux, sinon tu risques au mieux d'être soupçonnée d'avoir ramené une gastro qui t' oblige à aller très vite...aux toilettes ou pire d'avoir mal assimilé les 14 Vodka-pomme que tu t'es enfournées la veille.
Evidemment, on peut pas courir comme ça toute la journée. Y'a un moment où je vais m'asseoir à mon bureau et où je me poste devant mon ordinateur. C'est à ce moment-là qu'on peut lancer un "meeeeerrrrrrddddddeeeee" bruyant et douloureux exprimant toute sa détresse à n'avoir obtenu de cette putain de machine, merveille de technologie du 21è siècle...qu'un écran noir. Et là tu lances : "Putain, le bug de l'an 2000, il fallait que ça tombe sur moi !". Tu as également l'option "mon antivirus a du se faire trucider par une attaque de trojans XY 12, j'ai lu ça dans PC Magazine, c'est très rare mais ça arrive malheureusement, j'ai rien pu faire". N'attends pas qu'on te fasse remarquer que premièrement le bug de l'an 2000, c'était en 2000 et qu'en plus, il a pas eu lieu, fais un parallèle simple et imparable : " Je te signale que ça fait au bas mot 8 ans qu'on nous annonce la grippe aviaire et qui c'est qui qui était cloué au lit toute la semaine dernière ?". N'attends pas également qu'on remarque qu'en fait, tu ne l'avais même pas allumé, au risque de passer pour ce que je suis, une demeurée de première classe.
Après cet incident, qui pourrait malgré tout coûter sa carrière au Responsable informatique, vient assez vite l'heure du déjeuner. Alors que tu vois tous tes collègues, veste et sac en main, s'apprêter à partir déjeuner, lance simplement : "Nan, je peux pas faire la pause maintenant, j'ai un truc méga urgent à finir et puis je préfère attendre que ma glycémie tombe à 2, c'est mieux". Evidemment, personne n'osera te demander pourquoi quand ta glycémie tombe à 2, c'est mieux, de peur de se retrouver embarqué dans des explications scientifiques qui n'auraient pour effet que de les retarder. Laisse-les partir et même mieux : attends qu'ils reviennent. Ca fait businesswoman qui mange en horaires décalés et on glande deux fois plus : tu glandes pendant LEUR déjeuner et tu glandes pendant TON déjeuner.
Une fois rassasiée ET reposée, vers 15h30, tu peux alors te rendre à cette réunion hyper importante dont le sujet et l'ordre du jour t'échappent totalement. Moi, de toute façon, personne ne sait vraiment quelles sont mes fonctions exactes vu que j'ai été imposée par le président, au cabinet du Président, cabinet dont je suis la seule membre par ailleurs. Outil indispensable : le Palm. Il permet de jouer, de dessiner, d'envoyer des mails. Il suffit de le consulter en fronçant les sourcils de temps en temps avec un air surbooké. On tient deux heures, en général. N'oublie pas de le faire sonner pour une "alarme RV" pour pouvoir parti inopinément (en courant, c'est encore mieux) vers autre chose de forcément plus important.
Les collègues sont en réunion, il est 16h15, c'est le moment de partir pour clore ta journée de travail. Une astuce : "la deuxième veste". Je la laisse sur le dossier de ma chaise en fin de journée pour faire croire que je suis pas loin. Alors qu'en fait, si. Je suis loin. Loin de cette vie trépidante mais épuisante. Loin de cette frénésie libérale qui s'est emparé du monde. Loin de cette course à la productivité et de tout le stress qu'elle engendre.
Loin. Mais vivante.
12:40 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : emploi, blabla de fille, journal intime, humour