31.05.2007

Fatale Picarde

02af2680add50273f935f4dee1a4a6f7.jpgOui, c'est moi. Rentrée de Cannes. En plein débronzage, déjà. Je suis rentrée à Paris et j'ai même pas eu le temps de souffler une demie-seconde. Je fais les législatives. Sur le terrain. En banlieue. T'as qu'à voir où j'en suis rendue. J'ai du être méchante dans une autre vie ! Ou dans celle-là, va savoir. Si on m'avait dit qu'un jour je traînerais ma silhouette flasque carcasse en périphérie de la ville. La banlieue, ça a jamais été mon truc. Je viens d'un petit trou coin paumé du Nord de la France. Nan, pas les corons mais pas loin. Moi, de ma chambre, je voyais un champs de betteraves à perte de vue. Je suis de la campagne, "de la terre" comme dit ma belle-mère. C'est beau les betteraves. Si si, c'est beau. A l'état brut, pas tellement mais dès que c'est transformé en millions d'euros de subventions, ça devient beau. C'est tout rond, c'est rouge, ça a la peau rugueuse, c'est bourré de sucre, ça tâche...On dirait moi!!! Enfin, pour en revenir à la banlieue, je suis un peu obligée parce que mon boss se présente là-bas. Je vais dans les réunions de campagne, je prends des notes, je pense à des trucs qu'il faudrait faire, je colle des affiches, je distribue des tracts...mais non, j'rigole ! Y'a des petites gens pour faire ça. Moi, je réfléchis, c'est pas pareil. Après, on va à la pizzeria pour débriefer. Et je recommence le lendemain. Je suis morte. Avec tout ça, j'ai pas le temps de voir mon chéri qui est super polarisé sur boire de la bière au bar les élections lui aussi. Bref, on est à donf. Je pense qu'après je vais partir quelques jours voir mon futur patrimoine mes parents vérifier leur état de santé. Après, j'organise un truc politique à Bordeaux pour la fin du mois. Vous avez bien lu : Bordeaux. J'en salive rêve déjà : la côte (de Beaune), les lieux saints (Emilion), les châteaux (Haut-Brion), toute cette culture qui déborde de mon verre. Mais j'y suis pas encore. Il manque plus qu'à mon boss de se faire ratiboiser par la sortante (il est maire de gauche de la ville et Sarkozy est majoritaire au 2è tour de l'élection présidentielle, cherchez l'erreur ou plutôt cherchez plus : c'est lui, l'erreur). Morte de rire. Bon, c'est pas le tout mais faut que je m'y remette. A quoi ?

Allez, on garde le contact. Je vais peut-être vous croiser, vous, les pauvres lecteurs en banlieue. Mais vous saurez pas que c'est moi, alors ça compte pas. Dimanche, je vais faire campagne sur un marché, je vous raconterai. Il paraît que c'est comme un supermarché mais en plein air. J' ai la nausée rien que d'y penser adore déjà.